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Avec la multiplication des éditions et traductions de Sénèque le stoïcisme revient à la mode à la fin de la Renaissance. Après La constance de Juste Lipse (1584) fleurissent les traités qui louent la constance, le travail, la force d’âme, la discipline et l’obéissance, la clémence du Prince, etc. Une nouvelle phase de la longue vie de l’Ecole stoïcienne commence dans les années 1580 pour s’achever vers 1650. Mais le néostoïcisme est confronté à un problème ignoré de l’ancien : comment concilier cette morale « virile, rude et austère » certes, mais autosuffisante, avec les enseignements du christianisme? Peut-on être stoïcien en philosophie et chrétien? Peut-on faire jouer les « belles lettres » contre les Lettres sacrées? Juste Lipse, Guillaume du Vair et Pierre Charron l’ont cru, présentant leur défense du stoïcisme impérial et romain comme une thérapie pour des temps troublés. Une « philosophie par gros temps », tel apparaît bien le néostoïcisme en Europe du Nord, déchirée par les guerres religieuses, les épidémies, les famines, les troubles civils. Ces auteurs qui sont souvent de savants érudits, même s’ils insistent à juste titre sur la morale, plus assimilable en contexte chrétien que la théologie du Portique, entendent bien restituer l’ensemble de cette philosophie, de la physique à la conception de la religion naturelle et universelle.